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Le village des valeurs !

Machine à évaluer les valeurs.
Machine à évaluer les valeurs.

Doit-on juger des valeurs d’un candidat à l’immigration avant de l’admettre dans notre beau grand village canadien et/ou québécois? Soumettre ses valeurs à une sorte de machine qui évaluerait leur conformité aux valeurs de chez nous?

C’est plus ou moins ce que suggèrent Kellie Leitch et François Legault, respectivement candidate à la direction du Parti conservateur du Canada et chef de la Coalition avenir Québec.

L’affaire n’est pas simple.

D’abord, devant un tel test, le candidat aurait tout le loisir de mentir, évidemment (ce que note fort à propos Paul Journet dans La Presse +). Désirant fonder ici une franchise de la talibanitude ou de l’État islamique, le djihadiste le moindrement dévoué et allumé ne révélerait certainement pas ses opinions profondes sur le rôle majeur qu’il attribue à Allah dans la conduite des affaires terrestres; sur sa haine de la démocratie; sur les vertus de la lapidation et de la décapitation; sur l’impudeur de la mode féminine occidentale; sur les méfaits de la scolarisation, surtout chez les filles; ou sur la perversité de la musique.

Ainsi, chez nos voisins du Sud, on ne connaît personne qui ait répondu <oui> à la question: <Désirez-vous entrer en territoire américain dans le but d’assassiner le président des Etats-Unis?> *

Cependant, il existe au pays un quasi-précédent.

En 2012, la Cour suprême s’est penchée sur une cause criminelle ontarienne où un témoin à charge, une femme, désirait témoigner masquée, c’est-à-dire le visage couvert d’un niqab -ce qui contrevient prima facie au droit de l’accusé à une défense pleine et entière. Or, les augustes juges ont renvoyé l’affaire au magistrat de première instance en lui confiant la responsabilité de déterminer si la dame était vraiment sincère dans l’expression vestimentaire de ses valeurs religieuses… en utilisant, peut-être, une machine à évaluer les dites valeurs religieuses.

Une machine dont il suffirait sans doute de modifier quelques engrenages pour l’adapter aux besoins des services de l’immigration!


* Pour être franc, je n’ai retrouvé dans aucun document du gouvernement des États-Unis la trace de cette question présumément posée aux visiteurs se présentant à la douane américaine. Peut-être était-ce le cas jadis. Ou, plus probablement, s’agit-il d’une légende urbaine. En tout état de cause, les quatre présidents assassinés (Lincoln, Garfield, McKinley, Kennedy) l’ont été par des citoyens nés aux Etats-Unis…

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Vraiment, il commence à nous les casser, ce pape…

1745661Il est dommage que le pape François ne soit pas véritablement inspiré par son dieu, et donc véritablement infaillible. Ça nous épargnerait régulièrement des jolis tas de niaiseries!… Hélas, non: il dit n’importe quoi, comme le plus humble des mortels.

Alors voici.

Par exception, je parlerai ici du pape, ce que je ne fais jamais, évidemment. Parce que, un,  l’illustre personnage divague de plus en plus. Et parce que, deux, son capital de sympathie semble inépuisable depuis qu’il a fait sa réputation par son <humilité> et ses <manières simples>… (Ah!!! vous avez vu? il a payé lui-même son hôtell!!! il n’avait qu’une toute petite valise!!! il a lacé lui-même ses chaussures!!! )

Mais d’abord, donnons-lui un bon point: le pape est en faveur de la paix. Et contre la guerre. Il le répète ad infinitum, ubi et orbi, ipso facto et esso besso à chaque fois qu’il passe la tête par la fenêtre de son palace pour haranguer ses fidèles.

Et pas la paix juste ici ou là. Non. La paix partout dans le monde. En Syrie, en Irak, en Palestine, en Somalie, en Égypte, au Soudan, en Aghanistan, j’en oublie… partout, en somme, où les dieux et leurs sbires ne cessent de foutre la pagaille, d’inciter à tuer, à violer, à soumettre, à piller! Alors, la paix, hein, mon vieux François… Quand tu auras des solutions pratiques et pas seulement des vœux pieux (!), tu me sonnes et j’accours: j’aime 7264642-11164360autant la paix que n’importe qui d’autre. On ira ensemble jaser avec les hyper-fous de dieu (non, pas ton dieu à toi, François, un autre) de l’État islamique. Tu vas voir. Ça va être rigolo.

Mais François va plus loin que la paix. Il a décidé de s’occuper des affaires, non pas seulement de Dieu, mais aussi de César. Voyons ses perles des dernières semaines.

* Dans une encyclique (ce n’est pas rien), il a appelé à une <conversion écologique> radicale que le réchauffement rend nécessaire, avec comme but pratique de forcer la décroissance des pays du Nord (ie: nous). Sinon, dit le pape, ce sera la catastrophe. Remarques. Un, pour la catastrophe, ça va aller, on a déjà entendu ça un million de fois. Deux, si je veux un avis scientifique, le dernier endroit où je vais consulter, c’est au Vatican: les papes ont nié jusqu’en 1992 que la Terre tournait autour du Soleil! Alors, pour la climatologie papale, il faudra revenir en l’an 3000! Je crois à la réalité des changements climatiques, mais si Chose continue à dire n’importe quoi comme ça, il va réussir à me faire changer d’idée.

the-sig-552-is-standard-issue-with-the-swiss-guards-when-swords-alone-will-not-due* Le pape vient de statuer que les fabricants d’armes <ne peuvent pas être chrétiens>.  Je serais assez d’accord pour dire que les armes, en général, ce n’est pas la joie. Mais bon. Parfois, il en faut, si possible ailleurs que dans les rues des États-Unis, ou il y en a déjà 1000 fois trop. Au fait, sait-on que les 110 gardes suisses du Vatican (la garde rapprochée du pape), est constituée de soldats d’élite possédant un arsenal puissant et sophistiqué? Par exemple, le machin ci-contre, un fusil d’assaut suisse Sig 552?

* Après le massacre de Charlie-Hebdo, le pape a, comme Jésus, utilisé une parabole. <Si quelqu’un insulte ma mère, a-t-il dit en substance, je vais le frapper!> Interprétation claire en cette circonstance: si quelqu’un insulte un dieu, il est raisonnable d’utiliser la violence contre lui. Le fait est que la foi religieuse, y compris catholique, finit par rabaisser tout le monde au niveau des talibans. Au niveau du blasphème. Au niveau de l’interdiction d'<insulter> un dieu.

* Décidément, un peu violent, ce François… Il vient de reprocher aux puissances occidentales (à l’époque: Angleterre et États-Unis) de n’avoir pas bombardé les chemins de fer allemands qui amenaient les Juifs vers les camps de la mort, pendant la guerre. Bien sûr. C’était simple comme bonjour. Question: pourquoi le Vatican, lui, n’a-t-il rien dit, rien fait? Serait-ce parce que Pie XII, plutôt germanophile, s’est couché comme une carpette devant Hitler et Mussolini dès son accession aux commandes du Vatican et s’est ensuite fermé la trappe pendant cinq ans? Il aurait peut-être pu envoyer ses gardes suisses sur les plages de la Normandie, le 6 juin 1944…

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Un référendum, svp. Tout de suite. Dré là. Demain.

imagesZEX8O5IQ Bon. Regardez bien. Jacques Parizeau a raison. Il faut cesser de tataouiner. Alors, voici ce qu’on va faire. On va déclencher dès demain une campagne référendaire de huit jours. Ensuite, on vote. On fait ça tout de suite, illico presto et esso besso, à l’instant même, dré là, demain matin! Le référendum, c’est samedi (pas celui-ci, le suivant), urnes ouvertes de 8h00 à 23h59.

Mieux encore, on donne une chance aux souverainistes.

Eux seuls auront la parole dans tous les grands médias, sans droit de réplique à l’adversaire, pendant la campagne. De sorte qu’ils pourront nous expliquer en long et en large tout ce que nous n’avons pas été assez intelligents pour comprendre au cours des 50 dernières années, ces cinq longues décennies où le thème de la souveraineté a dominé la vie politique (bon dieu de bon sang, je n’ai pas connu autre chose depuis que je suis adulte!). Quels ploucs nous sommes, tout de même, vraiment des durs de comprenure.

De plus, pour donner une chance supplémentaire au <oui>, les bureaux de scrutin seront ouverts très tard le soir (et un samedi soir par-dessus le marché), de sorte que beaucoup d’électeurs devraient normalement être éméchés au moment de voter.

Promettez-moi juste une chose: dimanche matin, on n’en parle plus. Pas un mot, pas une allusion, terminé, fini, kaput, niet, chuuut, rien. Pour 50 ans minimum. Un demi-siècle de silence complet là-dessus, promettez, sinon j’annule tout.

Par la suite, dans 50 ans, je ne serai plus là. Alors vous pourrez redémarrer le manège tant que ça vous amusera.

                                                                        *       *       *

Je suis conscient que j’offense de bons amis, de cette sorte d’amis qu’on aime, qu’on admire, auxquels on tient. Qui sont des souverainistes fervents. Qui sont intellectuellement et moralement très droits. (Et qui sont en prime de formidables êtres humains.)

J’en suis désolé.

Je ne veux pas m’étendre longtemps sur le sujet. Juste ceci.

L’histoire récente nous donne la certitude que, si jamais le <oui> l’emportait, ce serait par une marge squelettique. Genre 50,7% style comme. Ou 50,2%. Ou 51% à tout casser. Est-ce que quelqu’un croit vraiment qu’au XXIe siècle, on peut faire l’indépendance avec un résultat pareil? Vous voyez le topo, à l’interne comme à l’international? Mais soyons francs: le <oui> ne l’emportera jamais, fut-ce par cette sorte de marge. Au fond de lui-même, chacun, même le plus ardent souverainiste, le sait et l’accepte en silence, avec une infinie tristesse.

Sincèrement, j’en suis peiné pour eux.

Mais peu de prolétaires québécois ont le goût, aujourd’hui, de revivre une campagne électorale où la souveraineté serait le thème principal -et au diable les problèmes réels, graves, urgents, de notre nation. Et moins encore une campagne référendaire, évidemment.

Bref, je le suggère instamment: réglons ça tout de suite.