Climat: de belles résolutions pour 2016

6553694Vous avez finalement compris qu’il faut faire quelque chose pour le climat, n’est-ce pas? Ça aura été le thème publicisé de la façon la plus acharnée, ubi et orbi, au cours de l’année 2015 -comme c’est le cas depuis plus de dix ans. Vos résolutions pour l’année 2016, enthousiasmés que vous êtes par la conférence de Paris qui aurait apparemment <sauvé la planète>, seront donc de 1)prendre plus souvent le métro; 2)abandonner totalement les sacs de plastique; et 3)acheter localement, en particulier la nourriture.

Bravo!

Mais saviez-vous que la Chine* (photo) construit actuellement 350 nouvelles centrales au charbon et en construira entre 700 et 1000 autres à moyen terme, conférence de Paris ou pas?

Face à cela, vous avez l’air fin avec votre carte OPUS et votre sac recyclable! Au fond de vous-même, vous en êtes très conscient, n’est-ce pas? Chacun mesure en effet l’extraordinaire futilité qu’il y a à se mesurer, armé d’une tomate fraîche de Coaticook, aux forces titanesques qui font la pluie et le beau temps sur notre planète et règlent les humeurs de notre système solaire.

Tous les sondages le disent: le climat est au bas de la liste des préoccupations du citoyen moyen. L’un de ces récents sondages (Léger/L’Actualité) est représentatif: seulement 9% des Québécois se soucient des gaz à effet de serre alors que de 38 à 51% sont plutôt préoccupés par les dépenses incontrôlées de l’État, la lourdeur des taxes et impôts, la corruption et le chômage.

Pourquoi les gens sont-ils si insouciants devant l'<apocalypse> qui menace? La réponse la plus courante chez les climate buffs est: parce que ce sont des ploucs. Ou pire, des négationnistes, ces criminels qu’il faut interdire de parole (c’est le cas de certaine émission radio scientifique) ou même emprisonner (comme l’a suggéré Savid Suzuki).

Ce sont les apôtres du climat eux-mêmes qui ont bousillé leur propre cause et provoqué l’indifférence, ou la méfiance, ou parfois même l’hostilité du citoyen lambda.

  • Traiter les gens de tous les noms, les museler, les menacer, constitue une très mauvaise stratégie. Répéter ad nauseam pendant des décennies que la fin du monde est proche est extraordinairement contre-productif.
  • Mentir l’est tout autant. La Cause (avec une majuscule) dispose de moyens financiers et surtout médiatiques, confinant à la plus stalinienne propagande, mille fois supérieurs à ce dont disposent les <négationnistes> que l’on prétend grassement financés par les pétrolières. Aux yeux de tous, c’est ridicule.
  • Faire de la Cause une business de jet setters (à Paris, la délégation canadienne comptait… 380 personnes!) grands producteurs de mots et de rien d’autre est le plus sûr moyen de dégoûter le manant: quand même le prince Charles, cet ignoramus, s’en mêle comme il l’a fait à la veille de Copenhague, the end is near!
  • Et la Cause devient totalement discréditée lorsqu’elle sert à ramener en douce le marxisme, l’anticapitalisme, l’anti-science et le tiers-mondisme à papa, qui constituent les réelles motivations d’une quantité non négligeable de militants écologistes. Croient-ils que les gens ne s’en rendent pas compte?
  • Enfin, la cerise sur le sundae: tout ça va coûter aux contribuables des pays développés des centaines de milliards de dollars, sans qu’on sache qui au juste encaissera les chèques (notamment au comptoir des banques suisses…) et si cela aura le moindre effet sur le climat. Une seule chose est sûre, cela mettra beaucoup d’argent entre les mains de l’État… ce qui n’est pas précisément rassurant.
*        *        *

 

Soyons clair: à peu près personne ne nie que le climat change et que l’activité humaine a quelque chose à y voir. C’est la direction prise par nos élites pour faire face à cette situation qui pose problème. De même, promouvoir les énergies renouvelables, électrifier les transports et élaborer toute panoplie de moyens pour assainir la planète sont des initiatives non seulement louables, mais urgentes et indispensables.

Mais il va falloir moins de mots, de slogans et de chansons. Et davantage d’actions, de science et de technologie.

Juste un exemple en terminant.

Mis à part l’hydroélectricité, le moyen le plus propre de produire de l’énergie en grande quantité est le nucléaire. Or, il est littéralement boycotté pour des raisons qui tiennent du préjugé anti-technologique. Il est peu sûr, prétend-on? Ah oui? Depuis qu’il existe, plus ou moins 60 ans, le nucléaire a fait moins de victimes (essentiellement à Tchernobyl) que l’extraction, le transport et l’exploitation du charbon en font en une seule journée en Chine!

Ce que coûte cette phobie?

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel ayant décrété la sortie du nucléaire, l’électricité produite par le charbon a atteint en 2013 son plus haut niveau depuis la Réunification: 163 milliards de kilowattheures (kWh), soit à peu près le même niveau qu’en 1990 alors que roulaient encore les vieilles centrales de l’époque soviétique!

Bref, non, la planète n’est pas sauvée, quel que soit le récent enthousiasme des noceurs parisiens. Il faudra encore beaucoup, beaucoup de résolutions du nouvel an…

 * À Beijing, le smog n’a rien à voir avec les gaz à effet de serre ou le climat. Et il tue en masse aujourd’hui, pas dans 100 ans…

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5 réflexions au sujet de « Climat: de belles résolutions pour 2016 »

  1. Effectivement, beaucoup de Hip Hip Hourra pour nous et des promesses de politiciens sans obligations. On appelle ça de la résistance passive au changement. On dit Oui-Oui et on ne fait rien.

  2. J’aime bien l’équilibre des points de vue, ici. Mais cet équilibre même est probablement suspect a priori chez nos zélotes du réchauffement climatique planétaire.

  3. Le réchauffement est une réalité, et il est hautement probable qu’il soit dû à l’activité humaine. C’est ce que nous disent les scientifiques.

    Selon vous, monsieur Roy, les négationnistes ne sont pas grassement financés par les pétrolières ?

    Vous dites que c’est une erreur d’abandonner l’énergie nucléaire. Nous sommes tellement mal pris que nous devrions peut-être continuer d’y recourir, en effet, bien que nous ne sachions pas quoi faire des déchets et que chaque accident puisse avoir des conséquences catastrophiques : les accidents sont rares, mais chacun d’eux peut rendre une région inhabitable pour des siècles ou même des millénaires.

    Mais nous avons tant d’autres problèmes environnementaux, tous aggravés par la surpopulation, et qui ne peuvent que s’aggraver encore dans les prochaines décennies, quand nous serons dix ou quinze milliards. Et que faire contre la surpopulation ? Les pauvres font trop d’enfants et les riches sont trop égoïstes. Ajoutez les religions et les haines ethniques, et il n’y a pas de quoi être optimiste.

    L’ultime vérité, c’est que nous sommes une espèce animale comme toutes les autres, malgré notre intelligence. Une espèce qui devient trop nombreuse finit par détruire son environnement, et c’est ce qui est en train de nous arriver.

    Je ne vois pas comment l’humanité peut s’en tirer (je ne parle pas seulement du réchauffement) sans qu’une hécatombe massive se produise à un moment donné.

    1. M.Sauvé,

      Un des gros problèmes de tout le dossier écologique survient avec des nouvelles comme ceci au Cégep de Trois-Rivières : http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/actualites/environnement/201510/13/01-4909558-changements-climatiques-le-cegep-annule-la-conference-de-reynald-duberger.php

      Lorsqu’on ne peut plus débattre entre les opinions scientifiques dans un milieu post-secondaire, où pouvons nous le faire? S’il se trompe, laissons le se tromper, il est au bon endroit pour se faire ramasser. S’il ne se trompe pas, c’est la science qui gagne.

      Il ne s’agit pas de lancer une suspicion de « qui paie » les recherches pour biaiser nécessairement les conclusions. Cela permet au mieux de créer un doute tout comme le rapprochement gauche et écologie qui teinte de doute cette dernière sans nécessairement remettre en doute toutes les recherches. Cela me fait penser un peu aux complotistes qui tentent de voir à qui profite certains événements pour y voir une machination et des coupables.

      Il est certains qu’il y a une forte corrélation entre le nombre d’humains sur Terre et la pollution. Il semble aussi qu’il y ait une corrélation (de forte à faible dépendamment des recherches) entre pollution et changement climatique. Pourtant pour certains écolo, le coupable du réchauffement climatique est l’Occident et son modèle de démocratie libérale capitaliste. On nous lance des statistiques d’émission de CO2 par capita alors que les émissions absolues par pays ont un bien plus grand impact sur la planète. Mais la victimisation occidentale paie politiquement pour certains groupes.

  4. En ce qui concerne l’incident du Cégep de Trois-Rivières, monsieur Francis D, je suis d’accord avec vous : on abuse souvent de la censure à l’égard de ce qui n’est pas «politically correct», et pas seulement en ce qui concerne la science du climat. Peut-être que ce monsieur Duberger se trompe, mais sa théorie mérite d’être étudiée. Ce qui ne m’empêche pas de croire que les pétrolières en font autant pour convaincre de l’inexistence du réchauffement (ou de la non-responsabilité de l’Homme dans ce réchauffement) que les cigarettiers en ont toujours fait pour désinformer à propos des méfaits du tabac.

    Chez vous comme chez monsieur Roy, je sens une grande méfiance envers le mouvement écologiste qui serait noyauté par des communistes recyclés pour qui l’Occident capitaliste reste l’ennemi à abattre. Nul doute que de tels gens existent. Je n’ai aucune sympathie pour eux, moi qui me délectais des essais de Jean-François Revel dans les années 80, quand le triomphe ultime de l’URSS était encore possible. Je suis pourtant convaincu qu’il est injuste d’accuser la plupart des «Verts» d’être des marxistes déguisés.

    Mais tant d’autres menaces pèsent sur l’avenir de l’humanité, la surpopulation en premier lieu. On a souvent souligné combien Malthus avait eu tort, mais le moment viendra où il aura eu raison : notre planète ne pourra nourrir trente ou quarante milliards d’individus. Déjà, nous sommes en train de vider les océans de leurs poissons.

    Nous, malheureux humains, abusons souvent des ressources de notre planète, mais quelle discipline collective il nous faudrait pour la garder en bon état ! La vie a longtemps été si dure pour tous sur Terre, et elle l’est encore pour la plupart d’entre nous. Je souhaite bonne chance à nos descendants.

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