L’inconscience des écolos

 

                      En 2015, pas en 2050 ni en 2099,

       un décès d’être humain sur sept, dans le monde,

                                 est lié à la pollution                               

ours-polaire-al-gore

D’abord, j’aimerais me positionner, comme on dit.

JE NE NIE PAS que le climat change sur la planète, bien que le rythme et les caractéristiques de ce changement ne semblent pas correspondre pour l’instant aux modèles informatiques élaborés dans le passé. JE NE NIE PAS que l’activité humaine puisse contribuer à ce changement, même s’il est difficile d’établir dans quelle proportion. JE NE NIE PAS qu’il faille y faire quelque chose, mais quoi, où, quand, comment, à quel coût et avec quels résultats?… ça, je n’en suis pas certain.

Vous le voyez, j’essaie très fort d’échapper à l’accusation de <négationniste> qui ramène automatiquement l’accusé au rang de génocideur nazi. Or, je serai tout de même mis en accusation, je le redoute, car quiconque déroge d’un seul petit centimètre de la stricte ligne de conviction fixée par les militants écologistes les plus extrêmes devient un <négationniste>.

J’en profite pour faire remarquer que l’utilisation de cette insulte dans le domaine du climat est d’une stupidité et d’une mauvaise foi sans nom. Pour un, la climatologie se consacre principalement à la prévision des changements à venir, et on ne peut pas négationner ce qui ne s’est pas encore produit! Le terme n’a pour but que d’intimider, censurer, faire taire. C’est l’équivalent de l’insulte <néolibéral> utilisée par les gauchistes, <infidèle> par les islamistes, <cochon> ou <chien> par ceux qui manifestent contre la brutalité policière…

Et ce n’est qu’une niaiserie, parmi mille autres, qui brouille le… climat.

Pour tout dire, j’accuse les écologistes d’inconscience. Pas tous, sans doute, mais les plus tonitruants et intransigeants d’entre eux. Inconscients de trois façons.

                                                                       *        *        *

Un, aucun écolo semble s’être rendu compte qu’en alignant pendant des années et des années des prévisions plus catastrophistes les unes que les autres, on a complètement désensibilisé le bon peuple. À force de crier Au loup! , n’est-ce pas?… La fin du monde est proche, dites-vous? D’accord, on a compris, ça fait mille fois que vous le répétez. Maintenant, excusez-moi, j’ai un sanglier sur le feu.

En pigeant seulement dans Le Devoir et sur une courte période, on a ainsi pu lire: <Climat: le monde s’éloigne de la solution>; puis, <L’accumulation de CO2 atteint le seuil critique>; ensuite, <Le changement climatique menace la paix>; et <Climat: catastrophe à l’horizon>; pire encore, <L’exploitation des énergies fossiles menace l’existence de notre société>. Ailleurs, par ordre de cataclysme:  <Quinze ans pour freiner le réchauffement climatique>; <Conférence de la dernière chance>; enfin, conclusion attendue, <Il est trop tard>!

Et j’ose à peine rapporter ce titre surréaliste du Mother Jones (évidemment): <Le réchauffement climatique va causer 180 000 viols de plus d’ici 2099>!

Il faut un sacré culot pour écrire une chose pareille! Vraiment, les écolos ont une fâcheuse tendance à prendre les gens pour des imbéciles.

                                                                       *        *        *

cata-ecolo-capitalDeux, ça a été et ça demeure une erreur de mélanger souci écologiste et lutte au capitalisme. Encore une fois, l’écolo vert foncé se révèle inconscient des conséquences extrêmement négatives de ce mélange des genres.

Le fait est que le mouvement écologiste a accueilli à bras ouverts les rescapés du marxisme qui l’ont infléchi vers un discours politique anti-touttte pas très différent de celui qu’on retrouve au sein du militantisme étudiant, arrosé en outre d’une sauce à saveur religieuse. Pas surprenant que le pape François s’y sente à l’aise! En un mot, l’idée est que le système capitaliste est pourri, c’est lui qui émet du CO2 et c’est donc lui qu’il faut abattre. (Je souligne en passant que ce n’est pas non plus de cette façon-là qu’on va enrôler la population dans un combat écologiste.)

Alors voici. Ceux qui connaissent un peu l’Histoire contemporaine (d’accord, ils ne sont pas très nombreux) savent que la destruction de la nature dans les pays non capitalistes a été bien pire malgré une production bien moindre… Ils savent aussi que le problème du CO2 sera résolu, non pas par la religion ou par une sorte de marxisme vert, mais par la science, l’innovation et l’investissement, toutes choses qu’on n’a jamais retrouvées en quantité appréciable ailleurs que dans des régimes capitalistes.

                                                                         *        *        *

cq5dam_resized_735x490!Trois, et c’est le plus grave: pendant qu’on consacre toutes nos énergies à l’évaluation des problèmes à venir, c’est ici et maintenant que certaines formes de destruction de l’environnement appauvrissent et tuent. Oui, tuent des êtres humains comme vous et moi. Par millions.

Or, on dirait que les écolos s’en fichent.

En 2012, l’air pollué a tué 3,7 millions de personnes, l’eau et les sols toxiques en ont tué 1 million, de nombreuses autres formes d’environnement malsain en ont éliminé 5 millions de plus. Au total, c’est beaucoup plus que la malaria, le sida et la tuberculose réunis (3,1 millions)! Pourquoi les militants verts ne se préoccupent-ils pas davantage de cette hécatombe? Peut-être parce qu’elle affecte surtout les pays pauvres…

<Les pauvres empoisonnés n’ont pas les moyens de partir ou de décontaminer leurs lieux de vie, de sorte qu’ils paient un tribut sanitaire particulièrement lourd>, dit Richard Fuller. Il œuvre au sein d’un consortium (sans but lucratif) offrant des moyens techniques et financiers destinés à réduire les conséquences sanitaires de la pollution dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Fuller ajoute: <La pollution toxique est la première cause de mortalité dans le monde. Or, c’est l’un des enjeux d’envergure internationale les moins bien étudiés et financés>.

Cela met en évidence une réalité assez troublante: la lutte au CO2 est pour l’instant surtout une affaire d’Occidentaux blancs et riches…

Et il n’y a pas que ça.

La disparition rapide de certains espèces animales (les abeilles, par exemple, qui sont essentielles au cycle de la vie) est un cataclysme en train de se produire aujourd’hui, dré là, maintenant, pas dans 100 ans! L’accumulation de matière plastique dans les océans en est un autre. Et on pourrait continuer longtemps sur ce thème…

                                                                         *        *        *

Question de rigoler un peu, petites questions quizz pour finir.

D’ici cinq ans, le gouvernement du Québec va amasser et administrer une cagnotte de presque 3 milliards $ alimentée par le nouveau marché du carbone (d’où la hausse de 3,6 cents le litre du prix de l’essence).

Un, étiez-vous au courant de cette hausse spectaculaire et peu publicisée des revenus de l’État québécois?

Deux, craignez-vous que le gouvernement du Québec dilapide ces sommes, ou partie d’icelles, de façon futile et sans le moindre effet sur l’environnement?

Trois, savez-vous qui, en pratique, encaissera ces sommes? Et pourquoi?

Merci de votre participation. Il n’y a toutefois pas de prix à gagner. Nous sommes en pleine période d’austérité, voyez-vous.

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6 réflexions au sujet de « L’inconscience des écolos »

  1. Et n,oublions pas que  »negationiste »est phonetiquement et a une lettre prés equivalent a mégasioniste,donc,de nos jours pire que genocidaire nazi.
    Ceci etant dit,le mouvement anti co2 est ,pour l instant impossible a arreter.Les politiciens qui ratent leur coup en font leur cheval de bataille(attention au sommet hollande /Obama en decembre)Mon assureur s’en sert pour vendre des polices anti catastrophe et,beacoup plus triste mes enfants et amis y croient.
    C est notre forme de djihad en occident et je termine donc en suggerant aux colos extremes qu’il peuvent devenir des ecolos martyrs en arretant de respirer et de rejeter du co2.
    A.P

  2. JE NE NIE PAS que le capitalisme soit le seul système économique qui ait réussi à créer assez de richesse pour combattre la pauvreté.

    JE NE NIE PAS non plus que les variations de l’activité solaire, et les volcans, et d’autres choses que j’ignore aient une influence sur le climat. Ni la bonne volonté des gens qui refusent de croire dans la pensée magique.

    Mais que faire? « Quoi, où, quand, comment, à quel coût et avec quels résultats?… «ça, je n’en suis pas certain. » Moi non plus.

    « Vous le voyez, j’essaie très fort d’échapper à l’accusation » de « militant borné » qui ramène automatiquement l’accusé au rang de «gogoche» « anti-touttte ».

    Mais est-ce « anti-touttte » que de penser que penser que le PIB ne mesure pas la richesse quand on y intègre la prostitution, les drones, les prisons et la pollution?

    Est-ce « anti-touttte » que de penser que penser que l’IPC qui mesure de la même façon objective la croissance des coûts du vin que j’aime et celui du coût du logement de la même façon?

    Vous accusez les écologistes d’inconscience. « Pas tous, sans doute ». Heureusement.

    Depuis Jésus, et sans doute avant, on prédit périodiquement la fin du monde. Ce n’est même pas original. Est-ce que cela veut dire qu’il ne faut rien faire?

    SVP Ne mettez pas votre sanglier au feu.

    Mais, si vous voulez condamner la bêtise, lutter pour que les lumières prennent un peu plus de place et que l’ignorance recule, regardez en avant et en arrière…à droite et à gauche.

    Est-ce qu’être « écolo » nous condamne à être inconscient des famines, de la guerre, des injustices, des milliers de morts causés par la pollution maintenant? Des viols collectifs en Inde, des réfugiés qu’on repousse à la mer, des enfants qui meurent de faim? Maintenant?
    Qui prend qui pour des imbéciles?

    Vous nous avez conviés à un projet raison. Allons-y. Mais de grâce, évitons une lecture gauche-droite, souverainiste-fédéraliste, écologiste-?, ET QUOI ENCORE.

    Vous avez écrit avec raison que le Vatican n’était pas tout à fait exemplaire en matière de science…Je vous dirais que le capitalisme (non contrôlé par l’État garant du bien commun ) ne l’est pas non plus. Ce magnifique système qui vit grâce à la cupidité et la frayeur a prouvé qu’il respectait la nature humaine. Mais, malgré sa capacité à créer de la richesse, il ne respecte le bien commun que dans la mesure où un contre-pouvoir le lui impose.

    Alors, peu importe qui sonne l’alarme, pour moi (et vous aussi je le crois sincèrement) ce qui importe, ce sont les faits).

    Certains d’entre eux sont bêtement ici. Qu’on les aime ou pas.

    http://www.worldometers.info/fr/

    PS Ce trop long commentaire (cri du cœur) n’est pas une attaque. Seulement un appel à réunir celles et ceux qui aimeraient croire qu’un projet raison est possible entre ceux qui prônent un projet centré autour de la bonne foi et de la volonté de rechercher un bien commun qui nous échappe.

    1. Vous dite : « Ce magnifique système qui vit grâce à la cupidité et la frayeur », c’est un peu gros comme affirmation non?

      Le capitalisme sert de 1 à encourager l’accumulation de capital et de 2, à établir les rapports économiques par le capital. Maintenant, si vous voulez lire sur l’esprit du capitalisme, Max Weber a écrit un excellent bouquin sur le sujet. La cupidité et la frayeur ne sont pas l’apanage du capitalisme. Ils existaient à l’époque des Phéniciens tout comme en Chine impériale et n’ont en rien joué un rôle dans le développement du capitalisme.

      Maintenant, le développement technologique des derniers siècles provient largement du capitalisme. Il y a désormais un marché et un capital pour la recherche, ce qui n’a pas toujours été le cas. C’est grâce à cette recherche et à sa mise en marché que de nouvelles technologie écologiques ont pu faire leur apparition.

      Le capitalisme ne se fou pas plus du bien commun que d’autres régimes le font. Le Japon est un pays capitaliste et pourtant le bien commun y est largement respecté. Les Amérindiens ne vivaient pas dans un système capitaliste mais croyaient qu’un animal tué renaissait par la suite causant des désastres écologiques (on peut bien tuer davantage d’animaux que notre besoin si l’animal tué en trop revient le lendemain). Plusieurs castors ont même été sauvés par des marchands européens, conscients que leur gagne-pain allait disparaître si rien n’était fait. La culture a un lien plus étroit avec le respect du bien commun que le système économique ou que l’État.

      Vous pouvez aussi lire Hayek qui, tout en étant un économiste-penseur (néo)libéral, avait une conscience écologique. La pollution ne respecte pas, en effet, les limites de la propriété privée.

      Le progrès social qu’a permis l’écologie vient certainement du changement culturel des dernières décennies. On ne jette plus nos vieux pneus dans la rivière, ni notre huile usée de voiture dans le jardin. C’est davantage sur cette conscience que le mouvement écologique doit continuer, non pas en voulant détruire le capitalisme.

  3. Je suis écolo et capitaliste. Ça fait des années que j’observe et étudie les systèmes politiques. Pour nous sortir de l’impasse nos systèmes sont les mieux faits. Puisqu’il y a justement cette idée de contre-pouvoir qui forme la base du système américain et des états démocratiques occidentaux. Les fondateurs des USA ont créé ce système pour que plus jamais le peuple ne soit dominé par un seul homme. Donc ils ont un président et pour contrebalancer ses pouvoirs ils ont créé, un sénat,des états avec des gouverneurs et d’autres sénats puis des municipalités. Et il y a les entrepreneurs, les associations, les groupes de pression, les médias, les simples citoyens qui ont droit de paroles, d’association et d’actions.

    Je crois en ce système parce qu’il est celui qui offre le plus de créativité pour résoudre nos problèmes. Et, il en a résolu un tas de problèmes depuis quelques siècles. Non non, il n’est pas parfait, il ne sera jamais parfait, il n’y a pas de système parfait, sauf que ce modèle-ci nous a amené très loin. Si je compare ma vie à celle des premiers habitants de la colonie, je me trouve bien plus en sécurité, mieux nourri et plus en santé (guéri d’un cancer très avancé en 2003) que si je vivais au 17e siècle. Et je sens bien meilleur : une douche c’est quand même extraordinaire hein ! Bon la douche ça pollue ok, mais que penser de l’anesthésie générale quand on subit l’ablation d’un membre, c’est pas mal ça non ? Passons sur les autres merveilles comme Internet et les avions.

    Mais en y pensant bien une partie de la solution pour sauver la planète est déjà trouvée et se sont encore les méchants capitalistes qui l’ont trouvé, c’est la fameuse pilule contraceptive. Dans les pays occidentaux si ce n’était pas de l’immigration notre population décroitrait et avec elle la croissance de notre PIB. Cette solution créée ici et exporter il y a quelques années en Russie et en Chine pourrait sauver la planète si tous les pays l’utilisaient. La Chine maintenant devenue capitaliste et avec une population contrôlée pollue davantage qu’avant vous allez me dire. Pourtant, si la population de la Chine est si grande ça n’a rien à voir avec le capitalisme. Et aujourd’hui on ne peut quand même pas empêcher les gens de se nourrir et de bien vivre, ce que les Chinois (pas tous, mais plus qu’avant) arrivent à faire, grâce au capitalisme. Il faudra juste
    qu’ils continuent avec la pilule.

    Il reste donc maintenant à inventer des solutions pour que tous puissent bien vivre et moins polluer. Le capitalisme va trouver la solution à ce problème-là aussi. Invitons les créatifs à créer des entreprises qui feront de l’argent en dépolluant ou en ne polluant pas. Et changeons nos habitudes de vie : cesser de fumer, marcher au lieu de prendre l’auto et devenir végétarien. Et toi le bobos de gauche écolos paté végé ou filet de boeuf ? Un p’tit vin ou un verre d’eau du robinet ? Allez, allez, on fait pas juste chialer on agit là tout de suite, maintenant. Ce soir, comme à tous les dimanches moi j’irai manger végé chez ma belle-soeur. C’est très bon avec un p’tit verre de vin. Juste un verre.

  4. Francis D

    Je ne veux pas faire la guerre des mots avec vous…Je me contente du Larousse. Capitalisme : « un système de production dont les fondements sont l’entreprise privée et la liberté du marché. »
    Et je conviens que ce système est une machine à créer de la richesse. J’ajoute que la cupidité et la frayeur sont au cœur de ce système. Faire de l’argent et éviter d’en perdre. Sans la cupidité et sans la peur, ça ne marche pas. Et cela est efficace parce que la cupidité et la frayeur sont inhérentes à la nature humaine pour ne pas dire de la nature tout court.

    Pour que ce système serve le bien commun, il lui faut un régulateur… C’est essentiel pour partager la richesse (ou exiger son partage), pour limiter les dégâts et pour offrir les services qui nous permettent de vivre ensemble et de nous développer. Ce régulateur, c’est l’État. L’irremplaçable État.

    Je ne crois pas que cela soit outrancier de le dire. La recherche du juste équilibre entre le marché et la liberté d’entreprendre d’un côté, et les contraintes imposées par l’État pour défendre le bien commun, de l’autre, exige que nous regardions à droite comme à gauche … en avant et en arrière pour juger des gestes à poser.

    C’était le sens de mon propos.

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