Au diable les faits! Parlons faux!

11-connaissanceEn 1988, le regretté Jean-François Revel signait un de ses ouvrages majeurs, La Connaissance inutile. Il y démontrait que notre époque est, à la fois, celle où la disponibilité de l’information est la plus grande et celle où elle est la moins utilisée. Autrement dit: on sait beaucoup de choses, des montagnes de faits démontrés sont accessibles par un simple clic de souris… mais on choisit trop souvent de n’en tenir aucun compte et de privilégier l’ignorance, les préjugés et, surtout, le militantisme aveugle.

Par exemple.

On ne cesse de répéter: la pauvreté est de plus en plus grande dans le monde. C’est faux. Dans les faits, la pauvreté a reculé depuis 25 ans de façon jamais vue dans l’histoire de l’humanité! Le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (moins de 1,25$ par jour) a été divisé par deux entre 1990 et 2010. Dans certaines contrées, la proportion de pauvres est passée de 77% de la population en 1981 à 14% en 2008. Uniquement en Chine, plus de 300 millions d’êtres humains (presque l’équivalent de la population américaine totale!) ont été extraits de la pauvreté.

Tout cela est archi-connu, documenté, vérifié. Mais cette connaissance est inutile. Vous lirez encore demain dans le journal:  <La pauvreté est de plus en plus grande dans le monde>…

Voici un règle simple: plus une situation est sujette à militantisme, moins on tiendra compte des faits la concernant… Non, il n’y a pas 30 000 itinérants au coin de Sainte-Catherine et Amherst. Non, il n’y a pas de <crise du logement de plus en plus grave>…

austerit…et, non, il n’y a pas d’austérité.

Tout le branle-bas de combat hystérique qui accueille les projets de réforme du gouvernement Couillard est fondé sur ce formidable mensonge: l’austérité. Dans les faits, il n’y a pas (zéro, nul, nada, rien, néant) de politique d’austérité au Québec. Il n’y a qu’une timide tentative d’assainir les finances publiques. En clair: on tente simplement de contenir en partie la progression des dépenses! On n’est pas chez les Grecs.

Les faits? Le budgets des deux plus gros et importants ministères du gouvernement du Québec augmenteront au cours des quatre années (2014-2018) du gouvernement Couillard. De façon cumulative, les hausses totaliseront 5,8% en éducation et 10,4% en santé.

Certes, c’est une légère baisse par rapport à la hausse habituelle, quasi-automatique, des dernières années. Mais est-ce bien là notre définition de l’austérité?

Il faut croire que oui, car on se base sur cette fabulation pour pousser des cris de cochon égorgé, pour saccager une université, pour nourrir la haine contre le gouvernement, pour porter des jugements aussi catastrophistes que si on se trouvait en face de l’apocalypse.  Pas un seul groupe de pression, pas une seule corporation, pas un seul syndicat, pas un seul lobby au Québec qui ne déchire sa chemise en pleurant des larmes de sang…

Vaste comédie.

Le printemps chaud que nous avons failli avoir et l’automne chaud que nous préparent les conglomérats syndicaux sont les plus beaux exemples d’une situation où des puissants qui connaissent très bien les faits choisissent de les ignorer.  Le but est d’obtenir des privilèges pour soi-même en vandalisant un gouvernement légitime et l’arme principale de cette insurrection est le mensonge.

<Avant, l’ennemi de l’homme était l’ignorance, maintenant c’est le mensonge>, écrivait d’ailleurs Jean-François Revel.

Et  il n’y a pas que le citoyen moyen pour ne pas tenir compte des faits, hélas! Il n’est d’ailleurs pas le plus coupable car, les faits, on les lui cache bien souvent. Il faut ici questionner les médias, où l’opinion a désormais préséance sur les faits. Et pour qui la réalité, toujours un peu ennuyeuse, ne vaut pas un beau clip de manif d’indignés. Ou une belle chronique impeccablement <correcte>, larmoyante à souhait, où des méchants (toujours les mêmes) oppressent des victimes (toujours les mêmes aussi).

Comme on dit à la blague (?) dans le MMM, le merveilleux monde des médias: Don’t let the facts interfere with the story !

23 réflexions au sujet de « Au diable les faits! Parlons faux! »

  1. « Il faut ici questionner les médias, où l’opinion a désormais préséance sur les faits. » En effet, nos médias écrits et web sont tapissés mur à mur de chroniques d’opinion ou d’humeur. Deux questions:
    1. croyez-vous que ce phénomène soit davantage québécois (il me semble que les médias américains et français y échappent: chez eux, on voit des chroniqueurs, pas si nombreux du reste qui réfléchissent avec leurs bagages de connaissances réelles, pas ces « j’aime, j’aime pas » de premier niveau qu’il me semble voir prédominer ici);
    2. si oui, pourquoi?
    Oups, j’oubliais! Bravo pour votre chronique, du journalisme d’opinion à son meilleur.

    1. Excellentes questions, monsieur Barbe! Et je n’ai pas vraiment de réponses, surtout à la deuxième. Les médias étrangers que je fréquente, américains, britanniques et français, ne semblent pas atteints de l’opiniomanie au point où nous le sommes, en effet. Pourquoi est-ce ainsi? Sais pas. On explique en général que la presse écrite se consacre à l’opinion parce que le net et l’info télé en continu ont déjà exposé les faits. Hmmm. Peut-être. Mais pourquoi cela joue-t-il davantage au Québec? Mystère…
      Merci!

    2. Oui questionner les journalistes, qui analysent rarement les faits, mais répètent n’importe quoi. Les médias font durs au Québec, nous ne nous forçons pas les ménèges içi pour éduquer le peuple et les encourager à réfléchir. Dommage!

  2. Rectificatif, précision. Au message de 10h36, il aurait fallu lire « En effet, nos médias écrits et web sont tapissés mur à mur de chroniques d’humeur et d’opinions au premier degré. » Mes excuses.

  3. Votre analyse est tellement pertinente.

    Et dans ce climat de militantisme péquiste indépendantiste exacerbé par l’angoisse de perdre le combat d’une vie, la fin justifie le mensonge..

    Que reste-t-il de ce quelque chose comme un grand peuple?

  4. Et que dire des demi-vérités et des mensonges érigés en système par le mouvement féministe, que l’on voit de plus en plus dominant dans nos médias mainstream? Ici on lit que « les femmes sont plus touchées par l’austérité », que les femmes sont moins représentées en politique, etc. Je trouve que c’est un bel exemple du principe que vous dégagez, M. Roy. Les slogans et statistiques féministes mis de l’avant sont en réalité souvent des demi-vérités qui cachent des réalités autrement plus complexes et surtout qui occultent carrément les difficultés vécues par les hommes, comme si de tout temps, on le sait bien, les seules à souffrir sont les représentantes du sexe féminin. Il est difficile d’expliquer ce biais médiatique, mais j’aurais tendance à penser que la victimisation des femmes par les médias fait vendre de la copie et excite les masses, ce qui pousse les médias à développer une alliance stratégique avec les féministes mainstream mais aussi et de plus en plus, avec les féministes intégristes.

    Saviez-vous que 80% des emplois perdus dans la crise financière aux États-Unis l’ont été par des hommes? Qui est au courant de cette statistique? Personne. Imaginez maintenant si c’était l’inverse. On gage un petit 2 que tout le monde connaîtrait cette information? Pendant que le combat des féministes institutionnalisées et embourgeoisées du Conseil du statut de la femme porte sur la représentation des femmes sur les CA des grandes entreprises (combat de grand bourgeois s’il en est), les jeunes hommes eux, peinent à décrocher un diplôme d’études secondaires. Autrement dit, c’est plus primordial de s’assurer qu’une avocate ambitieuse puisse « défoncer le plafond de verre » et faire 150 000$ par année au lieu de 100 000$, que de tenter de s’assurer que les jeunes hommes sous-scolarisés, démesurément représentés dans les chiffres du chômage et du décrochage scolaire, n’évitent d’inonder les bureaux de l’assurance-emploi pour cause de sous-qualification. Combien d’articles dans les médias mainstream sur la sous-représentation des femmes en politiques pour chaque article sur la sous-scolarisation des hommes?

    1. En éditorial dans La Presse, j’ai souvent décrit les grands traits négatifs de ce que j’appelle la condition masculine, inadaptation au système scolaire contemporain, donc sous-scolarisation, inadaptation aux nouvelles valeurs sociales, dévalorisation du travail manuel, inadaptation au cadre des soins de santé, donc mauvaise santé chronique, instabilité des familles, pauvreté extrême jusqu’à l’itinérance, violence dont ils sont statistiquement les premières victimes, impossibilité de revendiquer sans être ridiculisés et soumis à la vindicte publique. Ces éditoriaux n’ont jamais été très populaires…
      🙂
      Merci!

  5. Je pense que si les Québécois sont si facilement convaincus de nombreuses fausses idées, c’est parce que nos grands médias mainstream sont sclérosés par la rectitude politique mais que surtout, de par notre faible population, il y a un criant manque de diversité d’opinions et de points de vue. De plus, quand les médias se mettent dans la tête de nous convaincre de quelque chose, n’essayez pas de contrer la vague. Tout résistance est vaine. Le matraquage médiatique (par exemple, la couverture anti-charte de la laicité) est un bulldozer qui déloge toute opposition sur son passage ou frappe d’ostracisme tout malheureux qui aurait la mauvaise idée d’exprimer une dissidence.

    Nous sommes encore à plusieurs égards une tribu de moutons qui inévitablement s’en remettons à quelques « curés » faiseurs d’opinions pour savoir quoi penser. L’opinion est en réalité manufacturée ou disons, livrée selon une chaîne d’approvisionnement assez bien rodée. Le dimanche soir, le Grand Prêtre Guy A. nous dit quoi penser sur tel ou tel sujet. Ensuite, ses émules « journalistes » ou chroniqueurs branchouillés, comme vous dites, régurgitent cette « opinion » tout au long de la semaine. S’ensuit une troisième étape de la chaîne où les gens relativement influents dans leur milieu respectif (artistes, travailleurs de l’information, des communications ou du marketing, etc.) s’activent à s’approprier ces opinions, les remâcher et les relayer dans leur milieu proche et sur les médias sociaux à la population en général. Celle-ci est généralement trop grégaire pour se faire une opinion par elle-même sur des sujets pour lesquels elle est de toute façon pauvrement informée en faits objectifs; elle s’en remet donc à nos nouveaux curés. On n’écoute plus le cardinal Léger, mais le Cardinal Lepage.

    Le problème fondamental est qu’avec notre faible population il est difficile de faire vivre un nombre de médias suffisant pour créer une masse critique de voix susceptible de susciter des vrais débats et une réelle diversité de points de vue. De sorte que nous nous retrouvons avec quelques faiseux d’opinions qui contrôlent essentiellement « l’opinion publique » et la font prendre la direction qu’ils souhaitent. Quand ce n’est pas assez (comme dans le cas de la charte de la laicité), alors les médias sortent l’artillerie lourde, c’est-à-dire un matraquage en bonne et due forme, pour bien convaincre les masses de leur vertueux combat.

  6. Puissamment vrai! à croire que d’adopter un argumentaire raisonnable et un ton mesuré vous relègue chez les plates à mort, même pas capable de stimuler l’amygdale de son lecteur.
    Pas de lecteurs, pas de clics et pas personne pour prendre de la pub sur votre blog.
    C’est la loi d’airain.

    1. J’ai convenu avec moi-même de ne pas héberger de pub sur mon site. Le nombre de clics, et donc de lecteurs, est néanmoins satisfaisant et, pour l’instant, me va très bien! Pourvu que ça dure…
      Merci de votre intérêt, monsieur Sagala!

  7. Je suis toujours à l’aise avec les propos de Revel que nous ne lisons pas suffisamment en Amérique. Et je suis très à l’aise avec votre propos mais j’aurais apprécié un choix d’exemples plus variés.

    Le choix du mensonge dans nos sociétés n’est-il pas très largement partagé?

    L’exemple vient de haut. Vous auriez pu évoquer notre gouvernement conservateur à Ottawa qui a fait du mensonge un idéal inusité dans l’histoire des gouvernants en occident. Vous auriez pu parler aussi de ces banques et agences de notation qui ont délibérément caché la nature des produits financiers qu’ils évaluaient et mettaient en marché. Pour des raisons idéologiques ou pour servir leurs intérêts, ils ont provoqué une crise financière qui a sapé les bases du système capitaliste et créé une crise dont nous sommes loin d’être sortis.

    En fait, il serait vraiment malheureux de croire que le mensonge ne nourrit que le militantisme. Et il serait tragique de penser que le militantisme ne se nourrit que de mensonge.

    PS Les faits? Ne croyez-vous pas que l’élection du gouvernement Couillard est fondé lui aussi sur un formidable mensonge? http://www.plq.org/files/documents/10_engagements_elections_2014.pdf

    1. Dans ce blogue, j’ai considéré comme un mensonge le fait de disposer d’informations sûres, mais de ne pas les utiliser, ou même d’affirmer le contraire. C’est certain que la gauche n’est pas la seule coupable. Les maîtres d’œuvre du capitalisme financier criminel ont abondamment menti, en effet, en cachant des faits connus d’eux: leur système était intenable . George W. Bush a menti (inventé, halluciné!) au sujet de l’Irak, rejetant les faits qui lui étaient pourtant rapportés par la CIA et le Pentagone. Harper? Sais pas, je suis peu la politique fédérale. Et Couillard? Je lui reprocherais bien des choses, effectivement, mais le mensonge n’en fait pas partie. Renier une promesse électorale n’est pas un mensonge, mais bien une tradition!
      🙂
      Merci!

      1. « Renier une promesse électorale n’est pas un mensonge, mais bien une tradition! » Je n’oserais pas écrire quelque chose comme ça sans me sentir vraiment mal à l’aise. À la prochaine 🙂

  8. Moi, en tant que citoyen qui s’informe surtout par les journaux, que sais-je du vrai et du faux? Je présume qu’à chaque fois que le gouvernement dépense de l’argent, une partie provient de mon chèque de paie. Ou encore, à titre d’exemple, si la ville de Québec est en train d’augmenter le nombre de parcomètres, c’est pour mieux payer ses employés que je *percois* comme étant gourmand$, et pour financer ses projets dont certains peuvent me sembler farfelu$. Pour le reste, je fais confiance à mes opinions que je nourris en parcourant les chroniques de ceux et celles qui ne me semblent pas trop vendu(e)s à différents fanatismes venant, il me semble, surtout de la gauche. J’essaie toutefois de modérer ma consommation d’opinions un peu toxiques à la Martineau ou aux radios d’opinion de Québec. L’équilibre, quoi.

  9. Vous m’enlever les mots de la bouche M. Roy. Je ne suis donc pas seul à penser ainsi Vous me voyez soulagé. Bravo et merci, vous venez de flatter mon intellect.

    La question est: Comment une partie de la population peut-elle en venir à croire et à militer pour un mensonge aussi facile? Comptez le nombre de fois que le mot austérité a été répété pendant le Bye Bye 2014 de RC.. Rajoutez y le manque de respect craché sur le physique de M. Barrette…

    Le journalisme est une responsabilité. On a ici la preuve que mal l’utiliser peut causer beaucoup de dégâts.

  10. Très heureux de découvrir votre chronique M. Roy. Vous ne vous souvenez sans doute pas de moi. Nos routes s’étaient croisées à nos débuts, alors que vous étiez journaliste au Quotidien et moi au Journal de Québec au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Sans entrer dans les détails, je peux dire que vous m’aviez alors servi une leçon dont je me suis rappelé toute la vie. Je ne vous en ai jamais tenu rigueur. Bien au contraire, vous m’avez laissé avec une forte impression de professionnalisme et de rigueur, de sorte que je vous ai toujours lu avec le plus grand intérêt par la suite. Vous pouvez désormais me compter parmi les lecteurs de votre blogue. Merci.

    1. Merci, monsieur Fortier, vous êtes vraiment gentil! Je n’ai pas de souvenir précis de l’événement que vous évoquez, en effet: ça fait un certain temps… J’espère seulement que je n’ai pas été trop désagréable: ça m’arrive parfois et je m’en veux ensuite terriblement.
      Merci encore de votre intérêt!

  11. Merci M.Roy.

    Par votre texte, que je me fais un devoir de partager, vous m’aidez dans ma tentative d’éveiller le sens critique de mon entourage.

    Originaire du Saguenay, je suis un mouton noir dans mon cercle de connaissance en raison de mes allégeances politique plutôt de centre droite.

    Déménager en Beauce depuis 2008, je constate que les vilains conservateurs beaucerons, fédéralistes et pour la plus par libertariens, n’attendent rien du gouvernement et se mobilisent non pas pour manifester mais pour s’entraider.

    Je suis stupéfait de constater à quel point la communauté d’affaire est généreuse et participative dans l’élaboration de mesures sociales visant à aider les défavorisés. Ce qui a pour effet de maximiser les sommes recontées qui ne sont pas canibalisées par une administration publique innificace.

    Pendant ce temps au Saguenay les organismes d’entraide se lamente en blâmant le gouvernement. Curieusement les convictions progressistes de ces chevaliers du partage social sont suffisamment profonde pour les amener à manifester mais pas suffisemment pour les pousser à investirent leur propre argent pour les défendre.

    Ma conclusion,

    Lorsque la vérité nous déplai au point où elle exige une remise en question de notre paradigme ou un investissement qu’on est pas prêt à fournir , il devient plus facile de la nier et de se tourner vers ceux qui défendent le paradigme.

    Pour ce qui est des médias,ils ont compris ce principe depuis longtemps. C’est plus vendeur de dire ce que les gens veulent entendre.

    Fondamentalement c’est le publique cible qui dicte réellement la ligne éditoriale.

  12. Le Québec pense bêtement à gauche. Depuis quand. Depuis la « fumeuse révolution tranquille ». Nous avons été berné par ce grand mensonge.

    Qui a inventé l’expression fortement exagérée, « La grande noirceur » pour salir une période de notre histoire ? Quel autre peuple salirait son histoire de la pareille façon ? Qui véhicule cette pensée auto-culpabilisante dont on nous rabat les oreilles quotidiennement ? Qui véhicule ces mensonges ?

    La réponse est simple : Radio-Cadenas et La Presse. Ce sont ces médias qui pendant 70 ans nous ont lavé le cerveau. Depuis quelques années Le Journal de Montréal a commencé à émettre d’autres sons de cloches. Wow ! Les pseudos journalistes de la pensée unique ne sont pas content. Que non ! Yé tu pas fin le gros Martineau!

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