Révopoly: jouons à la révolution!

imagesPUV7SEOSLa capacité qu’ont les êtres humains de nier la réalité et d’organiser leur vie sur des fables est connue depuis des siècles. Il n’y à qu’à penser à la persistance de la religion. Ou au jeu de la révolution (le Révopoly?)…

Car c’est bel et bien reparti: dès cette semaine, des dizaines d’événements <dérangeants> seront organisés, comme à la belle époque du Printemps érable. Le thème global est celui de la lutte contre l'<austérité>… même s’il n’y a pas d’austérité au Québec, mais seulement une tentative (selon moi vouée à l’échec) de freinage de l’escalade des dépenses gouvernementales. Et cette agitation élitiste et commandée de haut par des gens  puissants est bien entendu présentée comme une <lutte populaire>.

Dans toute cette histoire, qui blâmer?

Même s’ils peuvent être exaspérants, j’estime qu’on ne peut pas en vouloir aux jeunes qui seront manipulés et serviront de chair à matraques. Par définition, n’avoir pas encore beaucoup vécu consiste à ignorer encore beaucoup de choses, en particulier sur l’Histoire, sur la politique et sur la nature humaine. Et donc à porter à l’occasion des jugements carrément psychédéliques sur les situations, les événements et les gens. Normal.

Peut-on en vouloir davantage aux agitateurs de cégeps, leaders étudiants et autres Guevara juniors? Je ne crois pas. Ils sont souvent sincèrement idéalistes, même s’ils se gourent complètement sur la mécanique du progrès. Et ils travaillent fort sur… l’image de soi, la posture du révolutionnaire étant la plus auto-gratifiante et la plus socialement rentable dans les sociétés avancées: difficile de résister à ce pactole.

Cependant, c’est autre chose lorsqu’ils prennent de l’âge tout en demeurant accrochés aux fables adolescentes. Ou, pire, entrent dans les rangs des professionnels du Révopoly… c’est-à-dire ceux qui tirent les ficelles. Cette fois, on parle d’adultes pleinement conscients de ce qu’ils font et engagés dans la vraie bataille: celle de l’argent, des privilèges et du pouvoir, qui n’a rien de romantique ni de révolutionnaire. Eux sont à blâmer pour la fabulation et les excès.

Quoi qu’il en soit, ne boudez quand même pas votre plaisir et jouez au Révopoly! Choisissez un pion (ce n’est pas ça qui manque!) et placez-le sur <GO>. Devant vous, à la place des chemins de fer, les autobus de manifestants nolisés par les syndicats vous attendent. Et si vous avez la malchance de tirer la carte <GO TO JAIL>, ne vous en faites pas: au Révopoly, il n’y a pas de prison, même les casseurs finissent toujours par être exonérés!

4 réflexions au sujet de « Révopoly: jouons à la révolution! »

  1. Cher vous, avec ce qui se passe ici et ailleurs en mode *austérité* on peut, se battre, continuer à rèver ou se laisser tondre comme un mouton!
    Gardons espoir que nous pouvons encore changer les choses………

  2. En effet, c’est difficile de blâmer ces jeunes remplis de romantisme révolutionnaire à la recherche d’un sens pour leur nouvelle vie d’adulte. Les médias en quête de sensationnalisme en profite pour en faire le plein d’auditeurs/lecteurs. Ca attise la nostalgie des boomers et attire le mépris des X. De la belle TV/radio quoi(soupir)! Tout le monde est gagnant sauf… la collectivité!

    Sur le fond, pour avoir parlé à quelques responsables syndicaux et de directions, la mobilisation coté syndicale est famélique en comparaison à ce qui s’est déjà fait. Négocier en pleine période de maraudage, du jamais vu! Le leadership coté syndical est encore plus faible que celui du gouvernement. Qui peut me nommer de mémoire les présidents actuels des grandes centrales? Les syndicats n’auront aucun intérêt à négocier en sachant qu’ils en sortiront à perte et que les autres centrales en profiterons dans leur maraudage. Il ne se passera rien avant la loi spéciale.

    @Audet : la réalité est aussi importante que le rêve. Le Québec n’est qu’un petit élément dans l’ensemble du mécanisme financier mondial. On peut voir les limites du concept de pays souverain en regardant la Grèce négocier sa dette avec les autres. On ne peut voter pour l’abolition de ses dettes ni de son déficit! On ne peut non plus agir à l’envers de ce qui ce fait chez ses voisins. Le rêve se heurte à la pénible réalité économique.

    1. En effet, on ne peut pas voter pour l’abolition de ses dettes ni de son déficit… ce que la Grèce a tout de même essayé de faire! Cependant, il y a un moyen efficace pour un État de ne pas se mettre à la merci du mécanisme financier: c’est de ne pas s’endetter! Quant au romantisme révolutionnaire des jeunes, je ne le condamne pas, en effet. Mais je l’apprécierai davantage s’il était mieux informé de ce qui a été essayé (et spectaculairement raté…) dans le passé.
      Merci de votre intérêt!

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