Les pauvres, y’ont pas d’argent… (Plume)

 

sousQuébec va hausser le salaire minimum de 20 cents en mai prochain (la même chose qu’en mai dernier), pour le faire passer à 10,55 $ l’heure. En gros, ça correspond à l’inflation prévue pour la prochaine année. Donc, pas d’enrichissement réel. Le ministre du Travail, Sam Hamad, veut ainsi pousser les assistés sociaux à travailler. Selon lui, le revenu d’une famille monoparentale de deux enfants sur l’ aide sociale serait augmenté de 30 % si le parent décidait d’aller travailler 40 heures par semaine.

Je surprendrai probablement bien des gens avec qui je suis sur la même longueur d’ondes sur bien des sujets. Mais voici: je suis en faveur d’une augmentation du salaire minimum beaucoup plus importante. Beaucoup. Genre: le porter dès maintenant à au moins 14 ou 15 dollars l’heure!

Rangez les instruments contondants et rassoyez-vous, je vous en prie.

Je connais les arguments qui militent contre l’augmentation du salaire minimum. Le plus important: beaucoup d’emplois vont disparaître, le coût du travail devenu inabordable poussant les entreprises à exporter les emplois en Asie ou ailleurs. Je concède que ce n’est pas totalement faux. Mais l’argument a ses limites. On ne fera pas griller nos Big Mac en Chine. Quant à la menace qui pèse sur le commerce au détail, elle vient surtout de l’achat en ligne. Le deuxième argument le plus important: ces travailleurs sont surtout des jeunes, c’est pour eux un revenu d’appoint: donc, pas grave.

Il faut faire la balance des avantages et des inconvénients.

Concernant les jeunes, justement, je crois qu’il est important de leur démontrer que travailler, ça paie, et pas juste des peanuts… étant entendu que 14 dollars l’heure, mettons, ça ne les propulsera pas chez les 1%! Ensuite, hausser véritablement le salaire minimum attirerait sans doute des hordes d’adultes qui actuellement ne font rien et bouffent du contribuable.

Cependant, la question principale en est une de principe: travailler à temps plein et, en même temps, ne pas avoir assez de sous pour vivre est une aberration, une injustice, un appel à la révolte.

mouthPetite chronique littéraire. Allez lire Hand To Mouth, une récente parution signée par Linda Tirado, une Américaine ordinaire qui a vécu tous les affres de la pauvreté ordinaire. Pas celle des itinérants, mais celle des travailleurs à bas salaire pour qui la vie est un enfer… ordinaire. Tirado ne prêche pas la révolution. Elle n’en veut même pas aux <riches> qui ont des emplois décents. Elle désire seulement qu’on sache ce qu’est une vie moche où le moindre incident peut en un instant vous plonger dans un gouffre. L’histoire de Tirado est grosso modo applicable à la situation québécoise sauf qu’ici, on n’a pas à payer de sa poche pour… mourir en attendant d’être soigné à l’urgence! Et elle donne une vision terre-à-terre, hyperréaliste, de cette sorte d’existence.

Après ça, on a une idée de ce qu’est vivre à 10,55$ l’heure.

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