L’intégrisme, l’émission Enquête, l’islamophilie (2)

imagesI2JHGBWMNote: la première partie de cet article a été mise en ligne sur ce site il y a deux jours.

L’opinion occidentale dite éclairée s’abstient de critiquer l’islam, qui est une idée, critiquable comme toutes les idées. Pire, l’indulgence est grande dans les cercles vertueux à l’endroit de l’islamisme, même dans ses manifestations les plus violentes, cruelles, inhumaines.

Soit on évite le plus possible d’en parler. Soit, cas le plus classique, on trouve des excuses à ces abjections en les attribuant à la vilenie occidentale. Soit on nie tout. Ainsi, l’intégrisme n’existe pas à Montréal, nous a assuré le reportage de l’émission Enquête (télé de Radio-Canada), Montée de l’intégrisme: Lever le voile, diffusé le 27 novembre dernier.

L’opinion dite éclairée, qui par définition contrôle l’usinage des idées ainsi que la plus grande partie de leur mise en marché, ne cultive sur ce terrain que des bons sentiments. En clair: elle souffre d’islamophilie. On peut trouver cela admirable ou dangereux, au choix.

D’abord, le monde de l’islam (1,6 milliard d’adhérents, 23% de l’humanité) ne se divise pas entre djihadistes, d’une part; musulmans modérés, respectueux des droits de l’Homme et démocrates exemplaires, d’autre part. De sorte que, si on ne trouve pas de combattants armés de lance-grenades ou d’imams crachant le feu sur la rue Saint-Hubert, l’intégrisme serait inexistant à Montréal.

C’est extraordinairement simpliste.

Dans la vraie vie, la palette de couleurs de l’islam est pleine de nuances. On trouve des musulmans qui ne combattent pas, mais appuient moralement le djihad ou même le financent. Des intégristes qui rejettent cette violence, mais adhèrent aux versions les plus strictes de la charia, incompatibles avec les droits. Des conservateurs classiques. Et des musulmans qui ne pratiquent pas et/ou accordent à la religion peu d’importance -exactement comme la majorité des chrétiens hors des États-Unis.

De multiples sondages ont été faits au fil des ans dans les communautés musulmanes, en Occident et ailleurs. Des quantités de faits ont été compilés. Ils révèlent à peu près tous que l’idée islamiste est puissante partout et il est douteux que Montréal fasse exception.

Plus de 28% des musulmans britanniques aimeraient que le pays devienne un État islamique (NOP, 2006).  Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, 56% appuient la version dure de la charia, impliquant exécutions et châtiments corporels (Pew, 2013). Il y aurait en Syrie et en Irak davantage de citoyens britanniques combattant du côté de l’État islamique que de soldats britanniques luttant contre lui. Selon Djelloul Seddiki (Grande Mosquée de Paris), la France compterait un million de convertis à l’islam: <Dans les quartiers pauvres, c’est devenu une intégration à l’envers>, dit Gilles Kepel, spécialiste de l’islam et des banlieues (New York Times); or, ce sont en majorité des hommes jeunes, souvent chômeurs et peu favorisés… quelqu’un voit un danger?

Justement, il est futile de psychanalyser les auteurs d’attentats, comme ceux survenus à Ottawa ou à Saint-Jean-sur-Richelieu, dans le but de nier l’existence et le rôle moteur de l’intégrisme. La fragilité psychologique, le sentiment d’échec et la haine maladive de la société occidentale courent les rues. La question est de savoir pourquoi c’est dans l’islam radical que beaucoup de jeunes et moins jeunes atteints de ces maux trouvent un exutoire.

Pour répondre à cette question, les bons sentiments ne suffiront pas.

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