Philippe et ses musulmans

Martin Ahmad Rouleau, le djihadiste de Saint-Jean.
Martin Ahmad Rouleau, le djihadiste de Saint-Jean.

Nous venons d’assister, lors de l’événement monté par Québec pour photoshopper une image d’harmonie inter-communautaire, à une des plus belles soumissions à la rectitude politique vues depuis longtemps. L’affaire illustre la décevante incapacité de Philippe Couillard à sortir des sentiers battus, à affronter le réel, à faire (faire, non pas dire!) quelque chose.

Par quelle obligation, par quelle pression, par quelle négociation peut-être, le premier ministre a-t-il été contraint de parler, non pas du problème révélé par l’émigration islamiste vers la Syrie ainsi que par les attentats de Saint-Jean et Ottawa, non. Mais plutôt de <montée de l’islamophobie> de <stigmatisation> et de <préjugés liés à l’islam>. Ah oui, de <radicalisation> également: nageant dans le sirop, tout le monde a failli oublier.

D’abord, une remarque au sujet de l’islamophobie. Il est lassant de le rappeler, mais, année après année, à Montréal, au Québec, au Canada, aux États-Unis, les musulmans n’ont jamais fait et ne font pas partie des victimes courantes des crimes haineux. En 2012 (derniers chiffres disponibles), les juifs (eh oui, les juifs!), les Noirs et les gais sont ceux qui ont été insultés, vandalisés, bousculés, assaillis au Canada: allez lire ceci, Toujours pareil. Ça ne change pas. Pas même depuis le 11 septembre 2001

Bref, l’islamophobie, est-ce bien le problème?

À supposer qu’elle existe ailleurs que dans des opinions médiatiques dégoulinantes de bons sentiments, l’islamophobie ne tue pas. L’islamisme, lui, tue. Et à grande échelle. Il tue des juifs, des chrétiens, des <infidèles>, des musulmans (des quantités astronomiques de musulmans, l’oubliez-vous?), des homosexuels, des femmes, des enfants, des travailleurs humanitaires… Est-ce qu’il faut faire un dessin?

Or, encore une fois, le Québec semble à l’avant-garde pour ce qui est de la cécité volontaire face au phénomène de l’islamisme.

Au sujet des tueurs de l’État islamique, j’ai lu dans un de nos grands médias: <On peut presque les comprendre>. Pardon?

Après Saint-Jean et Ottawa, j’ai entendu: <Circulez! Il n’y a pas d’islam à voir ici! Allez, ouste, bande d’islamophobes!…> On connaît cette injonction. Elle est réitérée à chaque fois qu’un attentat, ou un massacre de masse, ou un quasi-génocide, est perpétré explicitement au nom d’Allah. Cette fois-ci, le bouquet, ça a été une lettre ouverte d’un théologien (un théologien, évidemment…) dans Le Devoir. Il y opinait que <le djihadiste a souvent des traits des pires déviances machistes nord-américaines (et cherche un) champ de bataille où accomplir sa masculinité>.

Formidable! L’Amérique et la nature intrinsèquement mauvaise du mâle sont les coupables! Circulez! Il n’y a pas d’islam à voir ici!

En somme,  l’islamisme fait l’objet d’une clause d’exception qui le dégage de toute responsabilité dans les actes qu’il engendre, en faisant le seul extrémisme considéré avec respect et affection par l’opinion dite éclairée. Imaginez la crise d’apoplexie des bien-pensants si ces deux assassinats avaient été commis par des convertis au christianisme fondamentaliste américain!

Lorsqu’on aime la vie, la vérité et l’humanité, tout ça est vraiment désespérant.

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