La fin du monde (encore) annoncée

nounoursIl y a quelques jours, L’Obs annonçait: vos enfants connaîtront l’apocalypse. Pour ces pauvres petits chérubins, tout est fini, tout est foutu, ils mourront dans d’atroces souffrances sur une planète en fusion. Regrettez-vous de les avoir mis au monde? Songez-vous dorénavant à la ligature des trompes ou à la vasectomie?…

Il est évidemment question des changements climatiques, sur la foi du dernier rapport du Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). On prépare ainsi le terrain pour une nouvelle conférence sur le climat qui aura lieu à Paris en 2015. Il s’agira de la 22ième depuis 1995. Or, il faut revoir les gros titres qui ont accompagné les conférences précédentes, sous le thème: <Conférence de la dernière chance>, ou <Après, ce sera trop tard>, ou mieux encore: <Il est déjà trop tard>!

imagesCHRVGL9XAlors voici: ce catastrophisme est exaspérant. On a le goût de dire: hé, les Malthus, avalez un peu de Prozac, ça va vous faire du bien!

Plus encore, cette fin-du-mondisme animée par un populisme racoleur et couplée au mépris affiché à l’endroit de ceux qui font la moindre remarque à ce sujet, est le premier facteur qui ruine par la bande la crédibilité des scientifiques du climat. Lesquels ne méritent certainement pas ça. Cette déviance tend en effet à les assimiler à tous ceux qui, depuis des siècles, ont prédit la fin du monde à brève échéance et qui, tous sans exception, se sont toujours et partout trompés. La preuve? Nous sommes là, bien vivants, occupés à parler de… la prochaine fin du monde!

Si le sujet vous intéresse, celui de la résilience de l’espèce humaine à travers des siècles de cataclysmes divers, j’en ai traité dans une entrevue donnée à Mathieu Bock-Côté et que vous trouverez ici dans le Journal de Montréal.

Bref, je ne suis pas un <négationniste>. (au fait, quelle bêtise que de parler de négationnisme au sujet d’événements dont les plus significatifs sont… à venir!).

Cependant, je voudrais faire remarquer trois choses.

Un, mille questions sont encore sans réponses une fois qu’on a accepté le fait que le climat change et que délaisser les énergies fossiles est un objectif souhaitable. Deux, abordé sous l’angle catastrophiste, le dossier du climat se transforme en une bible, une religion qui demande foi, repentance et pénitence afin d’éviter l’enfer et d’accéder au paradis vert: les humains, hélas, semblent avoir besoin de mirages religieux. Trois, pendant ce temps, des problèmes environnementaux immédiats (air, eau, etc.) tuent des millions d’êtres humains chaque année sans qu’on n’en entende jamais parler. Il est vrai que ça se passe surtout dans les pays pauvres, donc on s’en fiche…

Alors, on se calme, s’il vous plaît. On essaie de se comporter comme des adultes. Nos enfants survivront, tout comme nos arrière-arrière-arrière-grands-parents ont survécu… à moins que nos pauvres petits chérubins ne meurent ensevelis sous les âneries.

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